Dès que Natalia M. King investit la scène, un charisme saisissant irradie d'elle. La chanteuse afro-américaine porte en elle l'histoire et le génie de son peuple. Et bien davantage encore : une singulière universalité, qu'elle a édifiée grâce à sa curiosité fertile, éminemment attentive aux autres, à l'altérité. Elle a étudié, à l'université, l'oeuvre du poète humaniste anglais du Moyen Âge John de Salsbury, s'est intéressée à la littérature de James Baldwin, a écouté des musiciens aussi différents que The Doors, Janis Joplin, Tom Waits, Thelonious Monk, Compay Segundo, John Coltrane, ou encore le roi du qawwali pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan...
Celle qui, guitare en bandoulière, a sillonné les Etats-Unis au tournant des années 90, a choisi de s'installer en France, pour l'hospitalité du pays louée par Miles Davis et Chester Himes, mais aussi pour la réputation de Paris comme carrefour mondial artistique.Toute cette richesse butinée au fil des années, Natalia M. King, en outre auteur-compositeur, guitariste et arrangeuse, l'insuffle à son chant et, plus largement, au style original qu'elle s'est forgé. Cri du blues, liberté de la forme et de l'esprit puisée au jazz, fragrances country, déflagrations funky, accalmies introspectives, atmosphères contrastées, incantations étirées avec volupté...
La musique de cette artiste complète (découverte par le grand public en première partie de Diana Krall à l'Olympia en 1999) ne se laisse réduire à aucune étiquette. Dans ses chansons, l'infatigable globe-trotter explore subtilement l'âme humaine, l'infinie géographie des souffrances, des rêves et des révoltes, en lesquels l'auditeur, d'où qu'il soit, reconnaît quelque chose de sa propre expérience.
A l'affiche du 10e festival 2001
Site : http://www.nataliamking.com