20e édition du F'Estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs.
Sommaire
- Edito
- Un festival fédérateur
- Une programmation originale
- Découverte, rencontre, métissage
- Des références artistiques au fil du temps
- Le F'Estival, une expérience unique
- Une 6e résidence de création ambitieuse
- Le chantier éducatif, un projet social et culturel original
- Autour du 20e festival
- Documents à télécharger
- Les éditions précédentes du F'Estival
Edito
Le festival aura bientôt 20 ans.
Fin juin 1992, je présidais une association qui réunissait une cinquantaine de musiciens châlonnais, et nous avions plutôt réussi la revitalisation d’une Fête de la Musique jusque-là moribonde, en fédérant non seulement les artistes mais également les acteurs économiques et sociaux du territoire, avec au premier plan l’Union Commerciale. Son jeune directeur réunissait le mardi 30 les cafetiers-restaurateurs du centre-ville, alors en grande difficulté, pour soutenir ma proposition d’organiser un festival de place publique en accès libre, sous la forme d’un rendez-vous bi-hebdomadaire sur 8 semaines. Et avec un programme exclusivement composé d’artistes inconnus. Engagé financièrement ce jour-là, le festival s’ouvrait le vendredi 10 juillet sous le regard bienveillant des autorités locales avec le trio régional de jazz fusion Yellow Cab, et devait rencontrer d’emblée un succès public surprenant, avec d’immédiates retombées sur la vie locale. La première manifestation estivale du genre en Champagne-Ardenne était née.
Au moment d'engager une 20e édition des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, faut-il d'abord apprécier le chemin parcouru, tant est considérable l'élargissement de l'offre artistique, des territoires irrigués, des publics sensibilisés, et pour ce faire des partenaires publics et privés ? Ou préférer rappeler les principes posés dès l'origine, et qui de toute évidence on fait la force et la pérennité du projet ? Ils demeurent, intégralement, en filigrane, résumés dans un sous-titre en forme de contrepoint à la devise républicaine : découverte, rencontre, métissage. Ils affirment que depuis tout ce temps, le festival permet à chacun de (se ?) découvrir, en liberté, de (se ?) rencontrer, à égalité.
Quant à fraterniser, c'est faire fi de ses préjugés, mettre ses sens en éveil et reconnaître l'autre comme son semblable, avec pour récompense le plaisir du partage et de l'échange. Ça aussi, avec la musique comme monnaie, volatile, éphémère mais capable des boule-versements les plus profonds, le festival, comme peu d'aventures humaines, le permet.
C'est pourquoi, le festival a sans doute 20 ans... devant lui. ( Patrick Legouix )
Un festival fédérateur
Pour la 20e année, le festival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs propose encore l'expérience la plus excitante en matière d'action culturelle, de lien social et de développement local.
Il réunit les meilleurs artistes et le public le plus ouvert, au cœur des lieux de vie d'un territoire qu'il valorise comme peu de projets savent le faire et avec des moyens d'une rare mesure.
Un rendez-vous culturel annuel de portée nationale
S'appuyant sur une programmation artistique favorisant la promotion de la diversité culturelle et la réciprocité des échanges, en faveur d'un tout-public local et régional privilégié le festival propose :
- Un accès libre à la manifestation qui garantit partout l'égalité sociale (tant en milieu rural qu'urbain).
- Des actions de places publiques en cœur de ville.
- Une proposition artistique de haut niveau privilégiant la découverte.
- Un chantier éducatif favorisant l'appropriation du festival par les jeunes les plus en difficulté des quartiers sensibles de l’agglomération.
Si l’objectif de toute manifestation est avant tout d’avoir des spectateurs, le festival des Musiques d’Ici et d’Ailleurs peu s'enorgueillir d'avoir formé le sien sur le long terme, la « nourriture » artistique proposée ayant contribué à modifier profondément le regard porté sur l'autre, et la considération sur le monde qui nous entoure. Avec une attention et une curiosité qui font une grande part de la notoriété internationale du festival auprès des artistes qui se muent volontiers en ambassadeurs enthousiastes de la manifestation.
Une programmation originale
Le festival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, en une cinquantaine de concerts diffusés quasi quotidiennement sur 6 semaines , défend une programmation originale et performante. Capable de générer jusqu’à 70 000 spectateurs par an avec une offre quasi exclusivement composée d'artistes encore inconnus du grand public en France, elle marque la différence par son public où s’épanouit une mixité sociale, culturelle, générationnelle exceptionnelle.
Depuis 2006 , le festival intègre une résidence de création artistique qui réunit autour de créateurs de talent artistes et musiciens du monde contemporain, la plupart ayant marqué précédemment le festival de leur passage. Comme d'avoir été marqué par leur passage sur le festival.
- 2006 : Lungone Dromenca : Christophe Lartilleux fait la fusion des musiques nomades.
- 2007 : Further on up the road : Fred Chapellier et les musiques des peuples déplacés ou l'essence du Blues.
- 2008: Micul Orasel : Emy Dragoï et le musette du XXIe siècle ou la fusion des musiques populaires et d'inspiration traditionnelles.
- 2009: Terra Mater : Sergio Leonardi pour une création à quatre voix de femmes, du monde, d'aujourd'hui.
- 2010 : Shukar Carrousel : Bernard Quental et Christophe Lartilleux ou la rencontre de l'art du cirque et de la chanson aux accents jazz-musette.
2011 : Come Together proposera la rencontre des univers de deux artistes, Jannick Top et Fred Chapellier, dont les parcours croisés couvrent les quatre dernières décennies de la scène contemporaine française. Deux musiciens aux parcours emblématiques puisent aux sources de leurs influences, à la croisée des musiques actuelles et savantes, d'inspiration classique, jazz ou ethnique, pour une création originale en forme de concertos pour guitare, basse, claviers et voix slave. Une démarche artistique résolument progressiste pour décrire le monde d'aujourd'hui, et sans doute celui de demain.
Découverte, rencontre, métissage
L’un des piliers du projet artistique du festival repose sur quelques fondamentaux : découverte, rencontre, métissage. Des artistes - souvent jeunes - qui se revendiquent pleinement de leur époque, mais dont les références sont solidement ancrées dans leur patrimoine, gage d’une réelle authenticité. Qui ne renient pas d’où ils viennent, qui ils sont, et qui en même temps cherchent à produire, avec toute la richesse dont ils sont porteurs, la musique d’aujourd’hui, avec la conviction de contribuer à celle de demain.
Si la part de créations nouvelles représente l'élément primordial des choix de programmation de ce festival, le festival accompagne volontiers le retour sur le devant de la scène d'artistes ayant connu une première expérience médiatisée, pour peu que leur projet artistique corresponde à nos critères de base. Ce fut ainsi le cas de Rachid Taha, Pierpoljak, Lokua Kanza, Ousmane Touré ou bien Gnawa Diffusion, Tcheky Karyo, Mouss et Akim (ex Zebda) et Belle du Berry (Paris Combo). Nous avons soutenu en 2010 Melanie O'Reilly avec un programme original mêlant jazz et musique d'inspiration trad irlandaise accompagnée de deux musiciens régionaux. Le Bal' Ouf, nouveau projet de François Petit a ouvert le festival, dans l'esprit « bal aux accents manouche » de la résidence de création; laquelle aura motivé le retour exceptionnel de Zap Mama en France pour l’occasion.
Le festival réserve une place importante aux artistes en développement, le haut niveau de ceux qui sont programmés permettant de faire naturellement et ouvertement - ce qui est unique en région - la part belle aux cultures dites émergentes, parce que bénéficiant par ailleurs toute l'année d'un soutien de la structure dans leurs pratiques. Cette disposition s'est consolidée en 2010 d’une programmation de concerts en « after » dans les établissements partenaires du festival. Une place sera également réservée en 2011 à la création musicale jeune public dont l'équipe du festival a longtemps été moteur de diffusion en région Champagne-Ardenne.
Des références artistiques au fil du temps
La richesse de ce festival s'exprime sur une scène pluriculturelle, véritable tremplin musical pour les nouveaux talents, mais aussi opportunité pour le spectateur de s'ouvrir à la diversité des genres musicaux qui participent du patrimoine culturel mondial. Dans un esprit de rencontre interculturelle, chacun peut naviguer au gré des courants musicaux et découvrir avec un peu d'avance les grands noms de demain.
Références au fil du temps : Bernard Allison, Faudel, Rachid Taha, Blankass, Human Spirit, Jimmy Oihid, Abdelli, Ekova, Pierpoljak, La Familia, So Kalmery, Wasis Diop, Mes souliers sont rouges, Paris Combo, Big Lucky Carter, Ronald Baker, Tekameli, Zenzila, Omar Sosa, Beverly Jo Scott, TéTé, Souad Massi, Maraca, Raspigaous, Baobab, Karim Ziad, Pedro Luis, Djoloff, Patrice, Natalia M. King, Gjallarhorn, No Jazz, Percubaba, Watcha Clan, Orchestra Baobab, Opus Akoben, La Varda, Meï Teï Shô, Ana Popovic, Lo'jo, Lokua Kanza, Laïs, Wishten, Magic Malik, Super Rail band de Bamako, Sly & Robie, Los de Abajo, TTC, Yat-Kha, As de trêfle, Toma Sidibé, DJ Dolores, Daara J, Naab, Zora, Ba Cissoko, Costo Rico, The Cat Empire, The Servant, Manou Gallo, Dobet Gnahoré, Olli & Bollywood Orchestra, Janice de Rosa, Mona, Rassegna, Marcelo D2, Balkan Beat Box, Ousmane Touré, la Chango Family, Groundation, Richard Bona, Balbino Medellin, Free Hole Negro, Shakaponk, La Bronca, Jehro, Beat Assailant, Anis, Simon N'wambeben, Warsaw village band, Dobacaracol, Winston Mc Anuff & Bazbaz, Bauchklang, Pause, K'Naan, Andy J. Forest, Moussu T, Santa Macaïro Orkestar, Mo'Kalamity, la Shika, Afel Bocoum, Mes Aïeux, Pura Fé, Yasmin Levy, Davy Sicard, La Kinky Beat, Toumast, Desert Rebel, Baaziz, Nicole Willis, Tcheky Karyo, Mamy Wata, Gnawa Diffusion, Naturally 7, Norig, Rona Hartner, Transglobal Underground, Samarabalouf, Origines Controlées, Ibrahim Maalouf, Mokhtar Samba, Kamel-El harrachi, Saï Saï, Mélissa Laveaux, Thomas Pitiot, Carolina Chocolate Drops, The Sweet Vandals, Les Madeleines, Madame Moustache, Kristin Asbjornsen, Belle du Berry, Clare and the reasons, Joanne Shaw Taylor, Deba, Izia, Arianne Moffatt, Emzel café, Empire Isis, la Mal Coiffée, Chengetai...
Et bien d'autres programmés généralement entre 6 et 18 mois avant leur reconnaissance auprès du grand public. Quelques artistes accueillis dans cet esprit en 2010 : les Garçons Trottoirs, Brigitte, Melissmell, Karimouche, Féloche, le Pied de la Pompe, HK & les Saltimbanks, Yoanna, Maltosh, Mélanie Pain, Ben l’Oncle Soul (programmé avant son succès estival), Ali Harter, le Trio Tzane, Jaqee, Pamela Hute ou Jesse Dee.
Le F'Estival, une expérience unique
Un rendez-vous quotidien, parce qu’en pédagogie, chacun sait qu'il faut du temps pour assimiler, et que seule la répétition de séquences courtes est productive. Ce temps, le festival le prend: chaque jour une à deux séquences-concert (1h30 à 2h) à des horaires abordables (19h et 21h en soirée, 17h le dimanche).
Un programme étalé sur 6 semaines qui renvoie d'un artiste à l'autre aux mêmes sensibilités et établit des résonances de forme, de style, de langage. Si ce concept de « cheminement » repose a priori sur une fréquentation individuelle régulière, c'est la qualité de l'offre artistique qui en garantit la réalité, notamment celle du public local, « cœur de cible » de la manifestation.
Au cœur historique de la cité pour que chacun, même vivant en périphérie, puisse se le (ré)approprier. Et retrouver le sens de l'agora.
Le principe d’accès libre comme levier d'accès à la culture vivante pour tous, avec pour moteur principal curiosité et ouverture d'esprit, fondamentaux dans un propos d'éducation populaire.
La décentralisation des concerts chaque mardi et mercredi dans des communes et quartiers de l'agglomération de Châlons, et du département de la Marne. Ils permettent une circulation du public, souvent urbain, invité à suivre le festival partout où il se produit, à la découverte de formes artistiques différentes et en d'autres lieux, notamment ruraux. Ils permettent aussi la mobilisation d'un public local peu enclin à se déplacer jusqu'à Châlons-en-Champagne. Au-delà, la réussite de cette initiative aura permis au fil des éditions de nouer de solides partenariats avec les communes de Sarry, Saint-Martin-sur-le-Pré, Fagnières, Sainte-Ménehould ou Tours-sur-Marne et les Centres sociaux et Culturels des quartiers du Verbeau et Emile-Schmit, classés en Zone Urbaine Sensible. Chacun des concerts décentralisés fait l'objet de rencontres sur site avec les membres des associations et collectivités locales partenaires pour l'élaboration de projets adaptés.
Le festival 2011 renouvellera les échanges de coopération culturelle avec concert et ateliers d'initiation destinés aux enfants des Centres Sociaux et Culturels, en lien avec les Comités de Jumelage, notamment de la Coopération Châlons-Bobo Dioulasso (Burkina Faso) dont on célèbre cette année le 40e anniversaire.
Le chantier éducatif, un projet social et culturel original
Dès la 2e édition de 1993, le festival est devenu support d’un chantier éducatif impliquant des jeunes gens en suivi de la prévention spécialisée dans les quartiers de l’agglomération de Châlons-en-Champagne relevant du Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Il aura permis au fil des années à plus de 1500 jeunes Châlonnais, de 14 à 20 ans, de faire de cette manifestation la leur, et de la place de la République un lieu qui porte bien son nom.
Le chantier éducatif est une expérience éducative toujours pilote : en moyenne 8 jeunes par semaine répartis par ateliers (promotion, régie technique, accueil artistes), encadrés par l'équipe professionnelle du festival et suivis par les éducateurs de prévention spécialisée de l'Association des Cités en Champagne de Prévention (ACCP). Pour ces jeunes, c’est l'occasion de s'impliquer dans la mise en œuvre d'un événement culturel majeur de leur ville et de leur région. En travaillant au sein de l'équipe de production du festival, ils se voient confrontés à l'univers professionnel particulièrement valorisant du spectacle vivant, mais avec ses contraintes (horaires et ponctualité, respect d'un contrat, d'autrui et de la hiérarchie..). En contrepartie de leur coopération, une indemnisation leur a été versée, qui leur permet de soutenir leurs projets, souvent collectifs et notamment de départ en vacances (par le biais des structures socioculturelles). L'action concourt également à l'accompagnement vers l'emploi, par l'aide à la définition de projets professionnels.
Ces chantiers éducatifs doivent une grande part de leur réussite au contexte même de l'action culturelle sur lequel ils s'appuient. En effet, le haut niveau des artistes programmés permet de faire naturellement la part belle aux cultures dites émergentes auxquelles ces jeunes sont particulièrement sensibles. Un contexte qui suscite en retour l'adhésion de leurs familles, souvent peu consommatrices de produits culturels, et dont la présence croissante est largement attestée aux concerts. L'action favorise la participation des jeunes et le sentiment d'appartenance à la vie dans la cité. Elle concourt également à la prévention de la délinquance, par l'origine et la sélection des publics mobilisés.
Autour du 20e festival
En amont de la manifestation, outre les rencontres préalables à la résidence de création, différents rendez-vous sont proposés au public. Une première exposition est programmée à l'Office de Tourisme de Châlons-en-Champagne à partir du 12 février. Organisée avec le Comité de jumelage Châlons-Bobo-Dioulasso, partenaire depuis le début du festival, qui fête son quarantième anniversaire, l'exposition valorise les artistes burkinabés qui ont fait le festival, avec les témoignages du public auquel il a été fait appel. Une expo d'instants partagés. Un concert de la chanteuse bobolaise Kady Diarra (figure de la création 2009 « Terra Mater ») à l'auditorium Fernand Pelloutier en aura marqué le vernissage. Un concert organisé avec l'association Saint-Martin-en-Musiques – partenaire de longue date de la programmation décentralisée du festival accueillera le 19 mars l'Irlandaise Gillie McPherson, autre figure de la création 2009.
Shukar Carrousel, la création 2010 qui célèbre la rencontre de l'art du cirque et de la chanson aux accents jazz-manouche se remettra en selle le 1er, 2 et 3 avril sous le chapiteau de Cheval Art Action à Muizon pour une reprise. Ainsi, Christophe Lartilleux et Bernard Quental, créateurs régionaux de premier plan, musicien-compositeur et maître en art équestre, retrouveront les musiciens, chanteurs (Gavroche, Barcella), danseurs, tous porteurs de la scène artistique régionale actuelle, pour célèbrer, cette fois en tournée, le temps des bals chantants, l’essence du cirque ancestral, la force du lien familial et le voyage comme sources de vie.
Une rétrospective investira l'Office de Tourisme dans le mois qui précède l'ouverture du festival. Les œuvres des artistes plasticiens et photographes qui sont accueillis depuis 2002 durant le festival y seront présentées. Une exposition évolutive qui collera à l'actualité de la manifestation au cours de l'été, enrichie des œuvres réalisées in situ durant le festival.
De 2 concerts par semaine en 1992, on est passés à 48 en 2010. Ce développement du festival s'est accompagné de nombreux partenariats noués au fur et à mesure de l'évolution de son projet, permettant d'ancrer la manifestation dans le tissu socioéconomique de son territoire, et générer des échanges productifs avec les acteurs sociaux et culturels de la région.
Documents à télécharger
- Dossier de presse de la 20e édition du F'Estival des Musiques d'Ici d'Ailleurs ( pdf )
- Dépliant programme du festival ( pdf )
- Affiche du festival ( pdf )
Les éditions précédentes du festival
Des photos et extraits vidéos des concerts des éditions précédentes sont à votre disposition pour une consultation en ligne. Editions : 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002.
